La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a rendu public le 4 août dernier le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur l’organisation de la périnatalité. Le rapport dresse le constat d’une dégradation préoccupante de la santé périnatale en France : après avoir atteint un plus bas historique de 3,5 ‰ en 2015, le taux de mortalité infantile est remonté à 4,1 ‰ en 2024, cette hausse étant exclusivement liée à la mortalité néonatale. En 25 ans, la France est ainsi passée du 3ᵉ au 23ᵉ rang européen.
L’IGAS relève de fortes disparités territoriales, sans toutefois identifier d’effet significatif et univoque lié à l’organisation de l’offre de soins : ni la concentration des maternités, ni le maintien de maternités de proximité ne semblent, à eux seuls, expliquer ces écarts.
Le rapport met en revanche en évidence le poids croissant des facteurs populationnels, notamment l’âge des femmes enceintes et certaines pathologies comme le diabète ou l’obésité. La précarité sociale et les difficultés socio-économiques apparaissent comme des facteurs déterminants. L’augmentation de la part des femmes enceintes d’origine étrangère, associée à une hausse de la mortalité infantile dans cette population, contribue également à la dégradation des indicateurs.
Des préconisations centrées sur la prévention
Face à cette situation, l’IGAS préconise de renforcer la prévention et la coordination des acteurs, notamment à travers la PMI, les CPP et les CPTS. Le rapport propose de mieux repérer les situations à risque, de désigner un professionnel ou une maternité référente et de mieux orienter les femmes vers le niveau de maternité adapté, tout en respectant leur choix.
Il recommande également de déployer, dans chaque département, des actions de prévention ciblées et d’« aller vers » les publics les plus vulnérables, ainsi qu’un meilleur suivi des mères et des nouveau-nés en situation de fragilité. L’amélioration du partage d’informations entre professionnels constitue également un enjeu majeur.
Renforcer l’offre périnatale
L’IGAS écarte une approche fondée uniquement sur des seuils d’activité et préconise de renforcer la robustesse de l’offre périnatale, notamment pour éviter les fermetures non programmées de maternités. Elle propose de revoir les décrets de 1998, de renforcer les capacités en néonatalogie et de construire l’offre à partir de diagnostics territoriaux, en associant l’ensemble des acteurs concernés.
Des propositions RH insuffisantes
Si le rapport souligne les difficultés d’attractivité des métiers de la périnatalité, il ne formule pas de mesure visant spécifiquement à renforcer l’attractivité de l’exercice en salle de naissance. La proposition de revoir la liberté d’installation des jeunes diplômés en libéral (moins de 15% des néo diplômés vont directement travailler en libéral) apparaît par ailleurs peu cohérente avec les besoins de prévention, largement portés par les sages-femmes libérales.
Pour l’Ordre, le renforcement de l’offre périnatale doit également passer par des mesures d’attractivité, notamment la reconnaissance du statut de praticien hospitalier pour les sages-femmes, qui pourrait favoriser l’exercice mixte et les dynamiques territoriales.