Le 15 octobre, les Assises de la ménopause ont été l’occasion pour la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, d’annoncer plusieurs mesures visant à améliorer l’information, la prévention et la prise en charge des femmes concernées. La présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, qui participait à cette rencontre, est notamment intervenue lors de la table ronde « Garantir une prise en charge accessible et adaptée ». Parmi les mesures annoncées figure l’ouverture de négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie pour rendre effective la consultation longue de périménopause par les sages-femmes.
Dix-huit mois après la présentation du rapport fondateur de Stéphanie Rist sur la ménopause, le ministère de la santé a organisé des assises de la ménopause qui ont réuni le 15 octobre dernier de santé, chercheurs, associations, créateurs de contenu et acteurs du monde du travail autour de trois grandes thématiques : lever les tabous et mieux informer, garantir une prise en charge accessible et adaptée, et accompagner la ménopause au travail.
En amont des débats, une enquête d’opinion sur la perception de la ménopause par les Français, ainsi que des premiers résultats du projet de recherche CLIMATERE ont été présentés.
L’étude d’opinion Toluna révèle que si 17,2 millions de femmes sont concernées par la ménopause, seulement 51 % des femmes déclarent être bien informées sur le sujet et 61 % des femmes concernées indiquent n’avoir jamais reçu d’information d’un professionnel de santé. Malgré les évolutions sociétales, la ménopause demeure également un sujet difficile à aborder pour 57 % des femmes, alors même qu’elle a des conséquences importantes sur leur qualité de vie, leur santé et leur parcours professionnel.
Selon les premiers résultats du projet de recherche CLIMATERE, 49% déclarent une altération importante de leur qualité de vie lors de la périménopause ou de la ménopause avec notamment une fatigue accrue (49 %), une prise de poids importante (40 %), une sécheresse vaginale avec des douleurs lors des rapports sexuels (28 %), des bouffées de chaleur problématiques (27 %) et un brouillard cérébral quotidien (27 %). Ces résultats démontrent qu’il s’agit d’un enjeu de santé publique majeur qui a été trop longtemps un impensé politique.
Les différentes tables rondes ont permis de mieux cerner les déficits actuels : une information limitée et peu scientifique, un accès très limité à prise en charge médicale lorsque cela est nécessaire et une absence de prise en compte de cette période au travail. Afin de d’améliorer l’accès aux soins, Isabelle Derrendinger, Présidente du CNOSF, a plaidé pour la prescription du THM par les sages-femmes dans le cadre d’un parcours de soins gradué.
Pour répondre aux écueils identifiés, Stéphanie Rist a annoncé le lancement d’une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux en janvier 2027 et la mise en place d’un mini-site dédié sur celui du ministère de la santé. Un guide des bonnes pratiques de communication sur la ménopause pour les acteurs publics sera prochainement élaboré afin « d’informer sans créer un climat anxiogène ». Enfin, ce sujet sera intégré aux travaux en cours sur la désinformation en santé.
Pour améliorer l’accès aux soins lorsque cela est nécessaire, la ministre a annoncé l’ouverture de négociations conventionnelles avec les sages-femmes afin de rendre opérationnelles les consultations longues ménopause votées dans la dernière loi de financement de la sécurité sociale. Enfin, la ministre a précisé que dans le cadre de la saisine de la HAS sur la prise en charge globale de la ménopause, elle avait demandé d’examiner les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient prescrire le traitement hormonal de la ménopause. Les conclusions de la HAS devraient être rendues à la fin du premier trimestre 2027 et détermineront la décision du Ministère sur ce thème.