La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a lancé le 05 février dernier le comité de pilotage du plan fertilité et des travaux ministériels sur la santé périnatale et maternelle. Cet événement a permis à la ministre de dévoiler un plan structuré en 4 axes et 16 premières mesures qui devront encore être déclinées de manière opérationnelle. Dans le même temps et de manière moins structurée, des travaux concernant la périnatalité ont été lancés avec l’objectif de formuler des premières propositions concrètes pour juin.
Un plan fertilité après plus de deux ans d’attente
Au regard de la baisse inédite de la natalité en France, le sujet de la fertilité est devenu une préoccupation majeure des pouvoirs publics, notamment illustré par l’appel au “réarmement démographique” du Président de la République en janvier 2024. Un rapport rédigé le professeur Samir Hamamah et Salomé Berlioux avait déjà posé en 2022 les bases de ce plan qui a été retardé par la situation politique de ces deux dernières années.
En présence des députées Prisca Thévenot et Constance de Pélichy, présidente de la mission parlementaire sur la dénatalité, la ministre a présenté un plan autour de 4 axes : prévention et sensibilisation, détection et diagnostic, prise en charge l’infertilité en accompagnant mieux, recherche et innovation. Ce plan s’inscrit dans une vision globale de la santé sexuelle et reproductive et de la santé des femmes.
Parmi les 16 premières mesures, la ministre a insisté sur la prévention et l’information en annonçant la mise en place d’un portail d’information sur la santé reproductive et la fertilité rassemblant des informations fiables, validées scientifiquement et adaptées aux différents âges de la vie. Il est également prévu la diffusion d’une information ciblée sur la santé sexuelle et reproductive à l’ensemble des Français et Françaises de 29 ans.
Elle a également dévoilé le renforcement de l’éducation à la santé reproductive en milieu scolaire, en lien avec l’Education nationale mais aussi le lancement d’une campagne nationale de communication, visant à améliorer la connaissance des enjeux de santé reproductive et à lutter contre les idées reçues. Cette prévention sera complétée par des recommandations à venir de la Haute Autorité de Santé sur la santé pré conceptionnelle.
La ministre a aussi généralisé les plateformes PREVENIR pour renforcer le repérage précoce des facteurs de risques liés aux expositions environnementales et annoncé le déploiement de 30 centres nouvellement autorisés d’autoconservation des ovocytes, s’ajoutant aux 40 existants.
6 mois de travaux concernant la périnatalité pour construire des mesures concrètes
La ministre, lors de la même matinée, a également lancé des travaux de réflexion concernant la périnatalité qui seront portés par trois co-pilotes : le professeur Loïc Sentilhes, le professeur Elsa Kermorvant et Eliette Bruneau, la présidente de l’Association nationale des sages-femmes libérales. La ministre attend des propositions concrètes à partir de juin, qui seront progressivement déployées.
Les premiers échanges des acteurs ont été illustratifs des tensions et des attentes différentes entre les acteurs (démographie des professionnels, ressources humaines dans les établissements, diversification de l’offre périnatale…).
Echanges entre le CNOSF et la ministre au sujet de parcours de santé génésique
Le même jour, le CNOSF a pu échanger avec la ministre dans le cadre d’un rendez-vous prévu de longue date. Il a permis notamment de revenir sur la proposition de modification de la liste des médicaments des sages-femmes et la mise en place de parcours de santé génésique afin clarifier le rôle de chacun des acteurs. Une saisine de la HAS pour mener ce travail devrait prochainement être validée par la ministre. Elle pourrait conduire à terme à la suppression de la liste des médicaments.