Le Conseil national reçu au Ministère pour évoquer les suites du Ségur de la santé

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06/08/2020 Communiqués de presse

Le Conseil national reçu au Ministère pour évoquer les suites du Ségur de la santé

Le 6 août, le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes a été reçu par Madame Katia Julienne, Directrice générale de l’offre de soins, au Ministère des Solidarités et de la Santé.

Ce rendez-vous a été l’occasion pour l’Ordre d’aborder plusieurs sujets d’importance majeure pour la profession à la suite de la crise sanitaire et des annonces du Ségur de la Santé.

La colère des sages-femmes

Lors de cette rencontre, Anne-Marie Curat, Présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, a tout d’abord fait part de la colère des sages-femmes et des conséquences du Ségur liées à leur invisibilité ; l’Ordre a expliqué qu’elles se sentaient méprisées, déclassées, invisibles et oubliées. Oubliées des pouvoirs publics pendant la crise sanitaire, oubliées des négociations et des annonces du ministre des solidarités et de la santé. L’Ordre appelle les pouvoirs publics à ouvrir urgemment des négociations spécifiques avec les syndicats professionnels afin d’obtenir des contreparties fortes attendues par les sages-femmes.

L’Ordre a ensuite présenté les propositions issues de sa contribution au Ségur de la Santé, en insistant sur trois enjeux à court terme pour la profession :

1) Les décrets de périnatalité : renforcer les effectifs des sages-femmes pour répondre aux attentes des femmes, des parents et des sages-femmes

Le Conseil national demande au Ministère de reprendre les travaux sur les décrets de périnatalité, mis en suspens durant la crise sanitaire, et d’y être davantage associé. L’Ordre considère qu’il faut définir un nouveau modèle de périnatalité avec comme perspective une augmentation significative des effectifs. Pour ce faire, il est indispensable de réfléchir à une prise en charge renouvelée avec un professionnel de santé référent au sein d’un réseau limité, coordonné et centré sur la femme enceinte et les parents. Il est également fondamental de prendre en compte l’ensemble des activités non programmées et de libérer du temps pour améliorer l’encadrement et l’enseignement à destination des étudiants sages-femmes.

2) L’extension du champ d’action des sages-femmes par l’élargissement de la liste des médicaments pouvant être prescrits

Le Conseil national a présenté des propositions visant à élargir la liste des médicaments prescriptibles par les sages-femmes. La dernière modification de cette liste remonte à 2011. Ces travaux correspondent à une attente forte de la profession et doivent répondre à un besoin de santé publique et faciliter l’exercice professionnel des sages-femmes. Ces propositions sont issues des réflexions d’un groupe de travail constitué avec les syndicats et les associations de sages-femmes pour connaitre et évaluer leurs besoins de prescriptions. Elles sont accompagnées des avis du réseau français des centres de pharmacovigilance ainsi que ceux de deux gynécologues-obstétriciens.
Des réunions de travail ultérieures avec le Ministère, et notamment les Directions générales de l’Offre de soins et de la Santé (DGOS et DGS), sont prévues d’ici fin septembre.

3) Budget de la Sécurité sociale : les propositions pour le PLFSS 2021

L’Ordre entend profiter de l’examen à l’automne du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 (PLFSS 2021) pour faire adopter plusieurs mesures relatives à l’exercice des sages-femmes :
– La généralisation des maisons de naissance et de l’engagement maternité, qui doit devenir une réalité dans chaque territoire, quelle que soit la distance avec la maternité ;
– Autoriser la sage-femme à prolonger les arrêts de travail ;
– Généraliser l’entretien post-natal précoce pour prévenir la dépression du post-partum ;
– Créer une consultation sexuelle longue pour tous les adolescents.

A l’aune d’une rentrée politique qui s’annonce décisive, l’Ordre tâchera de représenter au mieux la profession auprès des pouvoirs publics afin de faire évoluer le système de santé pour les sages-femmes et pour leurs patientes.