La filière sage-femme est la seule
filière médicale non universitaire.
Nous devons bénéficier d’un cursus entièrement
universitaire afin de développer une culture médicale
commune, clé d’une collaboration efficiente. Développer
la coopération avec les autres professions de santé
permettrait une meilleure orientation des femmes, des femmes enceintes,
des couples et des nouveau-nés au sein du système de
santé en fonction de leurs demandes et de leurs besoins. La
sage-femme doit être placée comme interlocutrice privilégiée
dans la prise en charge de la grossesse eutocique !
D’autre part il ne faut pas oublier que la première année
des études de sages-femmes est commune aux étudiants
en médecine, odontologie et prochainement pharmaceutique. Cette
première année assoit les bases de la coopération
interprofessionnelle. Il est inacceptable d’exclure de l’université
des étudiants qui réussissent cette première
année d’études commune.
Cette situation, malheureusement discriminatoire, persiste
depuis de nombreuses années et ce, malgré les requêtes
incessantes des étudiants et représentants sages-femmes.
Notre profession se doit d’entretenir un lien privilégié
avec la recherche. L’accès à la recherche est
indispensable dès notre formation initiale pour être
par la suite accentué durant notre parcours professionnel.
L’intégration de la recherche dans la formation de sage-femme
offrira aux professionnels l’opportunité de construire
leur exercice ainsi que leur réflexion sur des preuves scientifiques
issues de leurs propres travaux. L’unique moyen d’affirmer
l’autonomie d’une profession est de la rendre indépendante.
Afin de nous émanciper en tant que professionnel médical
autonome, les sages-femmes doivent «produire » des connaissances
scientifiques dans nos domaines de spécialité : l’obstétrique,
l’allaitement, le nouveau-né…
Ecole hospitalière = unique mission = la formation.
Université = double mission = la formation et la recherche.
La réforme des études de sages-femmes est le socle des
réformes professionnelles. Sans placer notre formation au même
niveau que les filières médicales, la profession ne
pourra évoluer. La formation des sages-femmes doit donc devenir
universitaire et ne plus être placée sous l’autorité
des régions où l’amalgame persiste avec les autres
formations sanitaires et sociales.
L’accès à la recherche permettra aux sages-femmes
de mener des études dans leur champ de compétences à
savoir, la physiologie. L’analyse de nos pratiques professionnelles
spécifiques : suivi global, accouchement physiologique, réeducation
du périnée, accompagnements médico-psycho-sociaux
spécifiques pourront faire l’objet de recherches améliorant
ainsi nos pratiques au bénéfice des mères et
des enfants.
L’augmentation constante de nos compétences est
essentielle pour les sages-femmes et les positionnent comme une professionnelle
médicale de proximité, acteur incontournable dans les
politiques destinées à l’amélioration de
la santé des femmes.
Le statut de la fonction publique hospitalière, (FPH), nie
le caractère médical de la profession et empêche
l’indépendance des sages-femmes, principe pourtant édicté
par le code de la santé publique et le code de déontologie
de la profession.
Après les dernières déclarations de Mme
Bachelot, il est évident que dans la FPH, les sages-femmes
seront sous l’autorité directe de la Direction des Soins
malgré les multiples interventions des instances professionnelles
(déclaration de l’APM du 3/04/09).
La sortie du titre IV de la FPH permettrait aux sages-femmes une revalorisation
des rémunérations, de rendre ainsi l’hôpital
attractif et d’exercer pleinement leur champ de compétences.
Ceci répondrait à la demande des parents voulant bénéficier
d’un accompagnement respectueux de la physiologie et diminuerait
l’excès de médicalisation très coûteux
pour l’Assurance maladie.
Comme vous pouvez le constater, il est temps que nous
soyons tous réunis face à cette situation délicate.
La Loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoire
» est l’occasion de réaffirmer, replacer la sage-femme
en tant que profession médicale autonome, acteur central de
premier recours. Nous avons besoin d’être force de cohésion.